Numéro 5

poli5Les émotions présidentielles

En découdre avec la mode

Entretien avec Dick Hebdige

Janvier 2012
156 pages
13 x 18 cm
10 €

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La collection Printemps/Été 2012 s’annonce haute en couleurs. Les tendances se dessinent selon une gamme chromatique qui va du camaïeu de rose au bleu roi tirant sur le bleu marine, en passant par le vert, l’orange ou le rouge. Elles s’impriment sur des tissus discursifs qui déteignent, s’effilochent ou résistent au temps. La saison politique s’écrit au fil des événements, d’annonces de candidatures en primaires, de débats télévisés en flashs info. La disjonction temporelle qu’a par exemple introduite l’affaire DSK rappelle que le calendrier politique est traversé de tensions entre différentes échelles de temps. Le retard des supports traditionnels par rapport à Twitter ou la superposition des temps juridique et médiatique sont ainsi le signe d’une friction entre divers régimes d’événementialité au sein de la sphère publique. Pour le candidat en campagne, l’enjeu chronopolitique revient à tenir ensemble une inscription dans un héritage partisan et des positionnements successifs face à l’actualité.

L’industrie de la mode s’écrit quant à elle au travers de meetings créatifs, de programmes de tendances, de sympathisants au goût tranché. Le calendrier des Fashion Weeks scande les saisons, égrainant ses prescriptions et ses décrets stylistiques. Il est établi à la suite d’âpres négociations entre les divers acteurs du secteur. Le rythme de la mode pose ainsi la question de sa gouvernance. Quelles coopérations, quelles tractations définissent l’air du temps ? Le jeu des tendances se tisse selon différentes trames temporelles, de l’éphémère de la collection à la patrimonialisation de la marque. La mode comme performance, la mode comme secteur économique, la mode comme système de signes : autant de dimensions qui se déploient par le biais de blogs, de films, de défilés, de publicités et de vêtements. Les récits entrelacés que constituent ces différents supports révèlent combien la mode tout à la fois échappe aux limites des médias par lesquels elle se propage et se compose selon des nappes temporelles variables.

Ce cinquième numéro de la revue Poli s’étonne de ces temps médiatiques par lesquels se manifeste une tendance, qu’elle soit vestimentaire ou politique.


Sommaire

Il n’y a plus de saison
Maxime Cervulle, Marion Coville,
Catherine Derieux et Karin Schlageter

Les émotions présidentielles

Contrechamps d’un rituel médiatique
Marc Endeweld

Les émotions au prisme du genre et des médiations : la campagne présidentielle de Ségolène Royal dans la presse et sur Internet
Virginie Julliard

Quel visage pour la France ? Notes d’identité visuelle : les affiches électorales de 2007
Luca Acquarelli et Matteo Stagnoli

L’enfance des présidentiables dans la presse people.
De l’histoire à l’émotion… de l’émotion à l’Histoire…
Éva-Marie Goepfert

En découdre avec la mode

Les capitales de la mode au 21ème siècle :
oligarchie étendue ou renouveau polyarchique ?

Frédéric Godart

La mode hypertextuelle : le cas des blogs
Agnès Rocamora

Fashion Film : mode, cinéma et numérique
Nick Rees-Roberts

Synopsis d’une mondanité.
La mode, le défilé, les évènements
Mathieu Buard

Entretien

« Une théorie bricolée pour une culture bricolée »
Entretien avec Dick Hebdige
Marion Coville et Catherine Derieux

Contribution visuelle

Le Culte
Greg Vezon

Ouvrage publié avec le concours du
Centre National du Livre et de la région Ile-de-France

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